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Extrait de l'ouvrage écrit par : François Baby, Yvette Bénezech, Louis Claeys, André Denjean, Michel Détraz, Henri Lafont, Guy Leclerc, André Nouziès, Daniel Pédoussat, Michel Sébastien




Née du contact entre la montagne et la plaine, traversée par l'Ariège et frangée d'une ceinture verte au relief modeste, Pamiers a toujours exercé une attirance particulière sur les voyageurs qui s'y sont arrêtés. Déjà en 1388, Froissart vantait les charmes de cette cité : " moult séduisante (plaisante) ".
Sur un site facile à tenir, point de passage obligé pour des relations rapides entre l'Atlantique et la Méditerranée, riche en eau et en terres, elle a rapidement fixé les populations. Des présences successives ont été relevées sur les hauteurs de la ville : côteaux du Terrefort (Vicaria), buttes du Castella et du Calvaire, rives de Saint Jean.

 

La rue de la Caussade
en 1895.

La légende veut que lorsque les Wisigoths s'installent dans notre région au début du Ve siècle, le roi de Toulouse, Théodoric Ier, laisse à un de ses fils, Frédéric, une portion de territoire qui prend le nom de "domaine de Frédéric" ou "Frédélas" (l'actuelle Pamiers). Le fils de Frédéric, Antonin, se convertit au Catholicisme et évangélise le pays. Il est assassiné par les Wisigoths restés Ariens (507). Sur l'emplacement de son martyre est fondée l'abbaye Saint-Antonin citée pour la première fois en 961.
 

Coupe - Une des pièces archéologiques découverte au cimetière Saint-Jean.

Il faut attendre 1111 pour qu'un accord sous forme de paréage, soit conclu entre l'abbé Isarn et le comte de Foix, Roger II.
Dans cet acte le nom de Pamiers est donné au seul château bâti sur la butte du Castella (castrum Apamie, d'Apamée en Asie Mineure, en souvenir de la participation à la première croisade du comte Roger II).

Le nom "Apamée" devenu plus tard "Pamiers", a donc été donné au château avant de l'être à la ville dans le courant du XIIe siècle.
 

PAMIERS - Sceau. Avers
Un château a cinq tours, dont deux petites simulant la perspective, percé d'une porte
à deux baies; dans le vide.
(Sigillum Consulum Apamie)
Ce siècle est celui du premier développement de la ville mais les seuls témoins lapidaires de cette période de prospérité sont l'abbaye Saint-Antonin et les portails romans de l'église du Mercadal (la Cathédrale) et de Notre Dame du Camp (ce dernier remanié au XIXe siècle). Même la crise du catharisme n'entrave pas cette croissance. Pamiers, fief de l'orthodoxie est récompensée de sa fidélité par le pape Boniface VIII qui crée l'évêché de Pamiers en 1295. Une autre conséquence de la Croisade contre les Albigeois : l'installation dans nos murs des ordres monastiques chargés de lutter contre l'hérésie : Dominicains (rue des Jacobins), Franciscains (place des Cordeliers), Carmes (rue des Carmes) et Augustins (Loumet).  

Le foirail aux cochons
(Place Sainte-Hélène)

Dotée d'un riche terroir et d'une main d'oeuvre abondante, Pamiers favorise un commerce actif dont les produits de base sont les draps et le vin. Renommé jusqu'à la Cour du roi de France, également vendu aux Anglais à Bordeaux, le vin était embarqué sur l'Ariège alors navigable, à partir de Pamiers, au port du Jeu du Mail. Cette prospérité du Moyen Age est gravée dans le décor urbain avec les maisons à colombages, les tours de défense, ainsi que les canaux dérivés de l'Ariège qui alimentaient en eau les moulins tout en assurant la défense de la ville.
 

Pendant l'épisode douloureux des guerres de religion, Pamiers souffre de coups terribles portés par les deux parties et il lui faut plusieurs décennies pour retrouver son lustre antérieur. Sous l'administration des Consuls et sous la direction des grands évêques tels Monseigneur de Caulet (1645-1680) qui s'oppose à Louis XIV dans l'affaire de la Régale, ou encore Monseigneur de Verthamon (1693-1735), d'importants chantiers sont alors ouverts: églises à rebâtir, palais épiscopal (Mairie), présidial (palais de justice).
 

L'octroi de la Croix du Blé

En 1789, Pamiers est une ville florissante de 5000 habitants. Mais la période révolutionnaire lui porte un coup terrible : elle perd son siège épiscopal, son présidial et n'est plus qu'un chef-lieu d'arrondissement alors qu'elle espérait prendre la direction du département de l'Ariège créé en 1790. Elle reporte alors son énergie et ses moyens dans la révolution industrielle naissante : en 1817 est créée l'usine métallurgique qui devient, dès le XIXe siècle, le " moteur " de Pamiers.
 

Usine métallurgique - La sortie.

Enserrée dans ses canaux, Pamiers se forge un avenir qu'elle entrevoit serein à l'image de son développement démographique ou de la réussite de quelques-uns de ses fils au premier rang desquels figurent Gabriel Fauré et Théophile Delcassé.
Après les dures secousses de la première moitié du siècle, Pamiers repart de l'avant, sa population toujours accrochée à la terre, bien que son coeur batte de plus en plus au rythme de ceux de l'usine et d'un commerce omniprésent.
 

La halle en 1900.
Démolie au lendemain de la Grande guerre.
 
Forte de ses 15 000 habitants, Pamiers s'emploie actuellement
à consolider les acquis pour justifier son rang dans le département mais en privilégiant la recherche d'un cadre de vie amélioré, pour le plus grand plaisir des Appaméens et des visiteurs.
Une façon de redonner tout son sens à notre devise :
" Qui m'a feit, me gardo "
" Qui m'a fait, me garde "

 

 

 
 
Ecusson divisé en six quartiers
(Extrait de l'ouvrage " Histoire de Pamiers ", 3e trim. 1981)


I - Le Mercadal (actuellement secteur Cathédrale-Castella-Carmel) illustré par un Lion qui représente le cœur de la ville avec le château et la première enceinte. Nous ajoutons que le lion se trouvait dans les armes de Simon de Montfort et également dans celles de Arnaud de Villemur qui fût évêque de Pamiers (1348-1350).

II - Villeneuve (actuellement secteur allant de la Place de la République jusqu'au Lycée, de part et d'autre de la rue Charles de Gaulle) représenté par une fleur de Lis elle symbolise, le paréage avec le roi de France Philippe le Bel.

III - Les Trois Barris (actuellement secteur intérieur des canaux longeant le Boulevard de la Libération et le Cours Rambaud jusqu'au Marché au Bois) représenté par la Tour (ou un château) qui sont les quartiers Piconnières, la Caussade, Coserans.

IV - Roumengous (actuellement secteur intérieur des canaux allant du Parc Municipal jusqu'à l'Ecole de Lestang) représenté par l'aigle à deux têtes sont les armes des religieux de Saint-Antoine du Viennois qui fondèrent dans ce quartier un hôpital appelé aussi Ste-Lène qui est une déformation de Sainte-Natalène, au XIIIe siècle pour accueillir les pélerins.

V - Le Camp (actuellement secteur allant de l'Eglise Notre-Dame du Camp au Pont des Carmes et jusqu'à l'Ecole de Lestang à l'intérieur des canaux) représenté par Trois Fasces indiquent les barrières des champs clos d'un tournoi qui aurait eu lieu en 1208, pendant la célèbre conférence théologique de Pamiers, et également les clôtures du marché?

VI - Loumet (le seul quartier situé à l'extérieur des canaux, encore nommé aujourd'hui quartier de Loumet) représenté par un ormeau, qui sont des armes dites parlantes.

 

Devises de Pamiers :
(Extrait de l'ouvrage " Histoire de Pamiers ", 3e trim. 1981)

- Latin -
Sic incolumem me fata reservant
Les destins me gardent ainsi saine et sauve

- Occitan -
Qui ma feyt me gardo
Qui m'a fait me garde